Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs
 

Résumé
 

Examen de santé périodique, mise à jour de 1999 : 1. Détection, prévention et traitement de l'obésité

Préparé par James D. Douketis, MD, et John Attia, MD, PhD, Département de médecine, Université McMaster, Hamilton (Ont.); John W. Feightner, MD, Département de médecine familiale et communautaire, Université Western Ontario, London (Ont.); William F. Feldman, MD, Département de pédiatrie, Université de Toronto, Toronto (Ont.); avec la collaboration du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs

Le Groupe d'étude a mis la dernière main à ces recommandations en janvier 1998 et celles-ci ont été acceptées pour publication dans le Journal de l'Association médicale canadienne, le 23 février 1999 (JAMC 1999; 160(4)).
 


 
 

Table des matières
 
  • Preuves
  • Valeurs
  • Avantages, préjudices et coûts 

  •  

    Objectif

    (1) Évaluer les données relatives à l'efficacité des méthodes de prévention et de traitement de l'obésité et (2) formuler des recommandations pour la prévention et le traitement de l'obésité chez les adultes de 18 à 65 ans et pour le calcul de l'indice de masse corporelle (IMC) dans le cadre d'un examen médical périodique.

    Ampleur du problème

    Chez les adultes atteints d'obésité (IMC de plus de 27), les options de prise en charge comprennent la perte de poids, la prévention de toute autre prise de poids ou l'absence d'intervention. L'obésité est associé au développement de plusieurs maladies, dont l'hypertension, le diabète sucré, l'hyperlipidémie, les cardiopathies ischémique, l'apnée du sommeil d'origine obstructive et les cancers du sein, de l'utérus, de la prostate et du côlon. Elle est également associée à des troubles psychologiques, notamment la dépression, l'anorexie mentale et la boulimie. L'obésité est un facteur de risque indépendant d'augmentation de la mortalité.

    Options

    Chez les adultes atteints d'obésité (IMC > 27), les modalités possibles de prise en charge comprennent la réduction de poids, la prévention de toute autre prise de poids et l'absence d'intervention.

    Résultats

    Efficacité à long terme (plus de 2 ans) des méthodes a) de prévention de l'obésité et b) de traitement de l'obésité.

    Preuves

    Nous avons cherché dans MEDLINE des articles sur la prévention et le traitement de l'obésité publiés de 1966 à avril 1998, à l'aide des mots clés « obesity » et « body mass index » et des sous-vedettes MeSH « diet therapy », « drug therapy », « prevention and control », « surgery » et « therapy ». Nous avons repéré d'autres articles dans les bibliographies de recensions et les listes de Current Contents. Nous avons utilisé des critères de sélection pour limiter l'analyse aux études prospectives comportant un suivi d'au moins 2 ans.

    Les recommandations ont été classées de la façon suivante:
     
    Preuves suffisantes pour recommander que le trouble soit expressément pris en considération dans un EMP.
    Preuves acceptables permettant de recommander que le trouble soit expressément pris en considération dans un EMP.
    Preuves insuffisantes pour qu’on puisse recommander l’inclusion ou l’exclusion du trouble dans un EMP, mais des recommandations peuvent être formulées pour d’autres motifs.
    Preuves acceptables pour recommander que le trouble soit expressément exclu d’un EMP.
    Preuves suffisantes pour qu’on puisse recommander que le trouble soit expressément exclu d’un EMP.

    Cinq catégories ont été établies relativement à la qualité des preuves:
     
    Données obtenues dans le cadre d’au moins un essai comparatif convenablement randomisé (ECR).
    II-1 
    Données obtenues dans le cadre d’essais comparatifs bien conçus sans randomisation.
    II-2 
    Données obtenues dans le cadre d’études de cohortes ou d’études analytiques cas-témoins, réalisées de préférence dans plus d’un centre ou par plus d’un groupe de recherche.
    II-3 
    Données comparatives de différents lieux et époques avec ou sans intervention; résultats spectaculaires d’études non comparatives
    III 
    Opinions exprimées par des sommités dans le domaine et reposant sur l’expérience clinique; études descriptives ou rapports de comités d’experts.

    Valeurs

    Le Groupe d’étude, qui est formé d’experts en médecine familiale, en gériatrie, en pédiatrie, en psychiatrie et en épidémiologie, a utilisé une méthode fondée sur les preuves pour évaluer l’efficacité des soins de santé préventifs. Les recommandations n’étaient pas dictées par la rentabilité des différentes options. La question des préférences des patients n’a pas été abordée.

    Les membres ont reçu au préalable des documents de base où l'on évaluait de façon critique les preuves disponibles ainsi qu'une version provisoire des recommandations formulées par l'auteur du chapitre. Les preuves sur le sujet ont été présentées et analysées lors d'une réunion d'un à deux jours en 1994. Une mise à jour de l'article a été effectuée en 1997 et révisée par le Groupe d'étude en janvier et juin 1997. Les membres se sont entendus sur les recommandations finales, qui ont été produites en juin 1998.

    Avantages, inconvénients et coûts

    Les études portant sur l'effet de la diétothérapie sur l'obésité font souvent état de réductions pondérales initiales suivies d'une reprise graduelle du poids. Les régimes hypocaloriques sévères ont été associés à un certain nombre de troubles : fatigue, étourdissements, perte de cheveux, irrégularité menstruelle, calculs biliaires, arthrite goutteuse et arythmies cardiaques. Un profil similaire de réduction suivie d'une reprise du poids est observé chez les patients suivant un traitement aux anorexigènes : ceux-ci perdent du poids durant les six premiers mois du traitement, lequel ne semble efficace après un an que chez une faible proportion de patients dans une seule étude. Le traitement aux anorexigènes peut parfois entraîner une somnolence, de la fatigue, des nausées, la diarrhée, une rétention urinaire, une sécheresse de la bouche et une augmentation légère mais cliniquement significative du risque d'hypertension pulmonaire et de valvulopathie. Un certain nombre d'études sur la réduction pondérale par voie chirurgicale ont fait ressortir l'efficacité à long terme de ce type d'interventions. Une morbidité post-opératoire a été signalée chez moins de 5 % des patients dans les études examinées, les taux de reprise chirurgicale variant entre 1,7 et 7,1 % dans trois études et entre 20,3 % et 33,3 % dans deux autres. Il appert qu'une perte de poids modérée peut être maintenue de façon durable chez une faible proportion de patients qui ont reçu un counselling diétététique pendant une longue période.

    Les mesures de réduction du poids sont également associées à une augmentation du risque de dépression majeure, de boulimie et d'autres troubles de l'alimentation. Malgré les craintes exprimées auparavant concernant les risques liés à des épisodes répétés de perte et de reprise de poids (yoyo), des études récentes ont montré que ces pertes et reprises de poids répétées ne sont pas associées à une augmentation de la mortalité.

    Recommandations

    Les catégories de la recommandation [A, B, C, D, E] et la qualité des preuves [I, II-1, II-2, II-3, III] sont indiquées après chaque recommandation. Les références citées à l'appui de chacune des recommandations sont identifiées dans la ligne directrice.

    Prévention :

    Traitement :
  • a) Dans le cas des adultes obèses qui n'ont pas d'affection liée à l'obésité, il n'y a pas suffisamment de données probantes pour recommander ou recommander un traitement axé sur la réduction du poids, parce qu'il n'y a pas de données à l'appui de l'efficacité à long terme des méthodes de réduction du poids [C, I, II-1, II-2];
  • b) Dans le cas des adultes obèses qui ont une affection liée à l'obésité (p. ex. diabète sucré, hypertension), on recommande une réduction du poids pour atténuer les symptômes et réduire les besoins en médicaments, au moins à court terme [B, I, II-1].
  • Détection :
  • a) chez les personnes qui n'ont pas d'affection liée à l'obésité, il n'y a pas suffisamment de données probantes pour recommander l'inclusion ou l'exclusion de la mesure de l'IMC dans le cadre de l'examen médical périodique et c'est pourquoi la mesure de l'IMC est laissée à la discrétion de chaque dispensateur de soin [C, II-2];
  • b) Dans le cas des personnes qui ont une affection liée à l'obésité, on recommande de mesurer l'IMC parce qu'il faudrait envisager une réduction du poids si l'IMC dépasse 27 [B, I, II-2].
  • Validation

    Le présent rapport a été revu par des pairs de l'extérieur. Étant donné l'importance de l'obésité comme problème de santé publique, deux documents ont été publiés en 1988 et 1991, respectivement : Niveaux de poids associés à la santé : lignes directrices canadiennes et Rapport du Groupe d'étude sur le traitement de l'obésité. Les deux rapports reconnaissent que les hommes et les femmes atteints d'obésité risquent davantage de souffrir de problèmes de santé et ont recommandé des mesures de prévention et de traitement de l'obésité. Ils contenaient des recommandations thérapeutiques utiles, mais insistaient surtout sur la nécessité de réglementer les méthodes diététiques, en particulier les régimes amaigrissants sur le marché. Au nombre des méthodes de réduction du poids figurent également les traitements pharmacologique, chirurgical et comportemental.

    Commanditaires

    Le Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs a publié cette ligne directrice grâce à l'aide financière fournie par les ministres provinciaux et territoriaux de la Santé et Santé Canada.
     
     

    Lien avec le tableau récapitulatif de ce rapport

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    Dernière modification : 16 février 1999.