|
Options: Dépistage au moyen de cultures ou d'autres types d'épreuves auprès de certains groupes à risque élevé dans la population générale, out chez les femmes enceintes, ou aucun dépistage systématique
Résultats: Taux d'infection à Chlamydia asymptomatique et symptomatique, complications périnatales, complications à long terme de l'infection (c.à-d. salpingo-ovarite, infécondité et grossesse ectopique), infection concomitante par d'autres maladies transmises sexuellement, propagation de la maladie, soins à l'hôpital, complications de la thérapie et coûts de l'infection et du dépistage
Preuves: Recherches dans MEDLINE d'articles publiés entre le 1er mai 1983 et le 31 déc. 1995 au moyen de vedette MeSH «chlamydia infections», références tirées de recensions récentes et recommandations d'autres organisations
Valeurs: On a utilisé les méthodes fondées sur des preuves du Groupe d'étude canadien sur l'examen médical périodique. On a tenu compte des conseils d'examinateurs et d'experts et de recommandations d'autres organisations. On a accordé une grande importance à la prévention de la maladie symptomatique et à la réduction des coûts totaux.
Avantages, préjudices et coüts: Les plus grands avantages éventuels du dépistage de l'infection à Chlamydia chez des sujets asymptomatiques sont le prévention des complications, et surtout de l'infécondité et des complicaitons périnatales, et la prévention de la transmission de la maladie. Rien n'indique que le dépistage des infections à Chlamydia dans l'ensemble de la population entraîne une réduction des complications. Le dépistage peut augmenter les coûts. Des données probantes indiquent toutefois que le dépistage annuel auprès de groupes à risque élevé choisis et chez les femmes enceintes au cours du premier trimestre de la grossesse aide à prévenir les symptômes et à réduire le coút global de l'infection
Recommandation: Il existe des preuves acceptables à l'appui du dépistage et du traitement des femmes enceintes au cours du premier trimestre (recommadation de catégorie B), ainsi que du dépistage annuel et du traitement des groupes à risque élevé (femmes de moins de 25 ans actives sexuellement, hommes out femmes à partenaires sexuels nouveaux ou multiples au cours de l'année précédente, femmes qui utilisent des contraceptifs autres que les méthodes de barrière et femmes qui ont des symptômes d'infection à Chlamydia: friabilité du col, écoulements cervicaux mucopurulents ou pertes intermenstruelles, recommadation de catégorie B. Il y a des données acceptables en faveur de l'exclusion du dépistage systématique dans l'ensemble de la population (recommadation de catégorie D)
Validation: Ces recommadations correspondent à celles du US Preventive Services Task Force et des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis à Atlanta
Commanditaires: Ces lignes directrices ont été élaborées et approuvées par le Groupe d'étude canadien sur l'examen médical périodique, qui est financé par Santé Canada et le Programme national de recherche et développement en matière de santé. Le principal auteur, H.D.D. a bénéficié de l'appui du ministère de la Santé de l'Ontario et a reçu la bourse Lilly de la Société canadienne des maladies infectieuses.
En vue de la rédaction du présent article, nous avons examiné les données récentes afin de mettre à jour les recommandations de 1984. En plus d'étudier les données publiées, nous avons pris en considération les conseils des lecteurs et des experts ainsi que les recommandations d'autres organisations. La prévention de la maladie symptomatique et une réduction des coûts généraux ont été considérés comme des critères importants.
Nous avons procédé à une recherche dans la base de données MEDLINE afin de trouver les articles publiés entre le 1er janvier 1983 et le 31 décembre 1995 en élargissant les vedettes MeSH principales «chlamydial infections» avec les vedettes secondaires «complications», «diagnosis», «drug therapy», «economics», «cost», «epidemiology», «etiology», «history», «microbiology», «mortality», «mass screening», «prevention and control», «therapy» et «transmission». Nous avons examiné les articles pertinents recensés grâce à cette recherche en mettant l'accent sur le dépistage, l'issue et le traitement. Les références pertinentes citées dans ces études ont également été examinées, de même que les références de revues de la littérature récente et des articles suggérés par trois lecteurs experts. Les lignes directrices concernant les règles de la preuve établies par le Groupe d'étude canadien sur l'examen médical périodique2,3 ont été utilisées pour déterminer la valeur des plans d'étude selon une échelle hiérarchique. La méthode de «l'enchaînement de causalité» proposée par Battista et Fletcher4 en 1988 a été utilisée pour examiner les preuves afin de déterminer si la prévention secondaire de l'infection à chlamydia au moyen du dépistage et du traitement permettaient de prévenir certaines complications particulières. Les deux auteurs principaux (H.D.D et E.W.) ont procédé à la revue de la littérature et rédigé un rapport à l'intention de tous les membres du groupe. Ceux-ci sont ensuite arrivés à un consensus en ce qui concerne la rigueur de l'exercice et le classement des preuves et des recommandations.
Tableau
1 : Prévalence estimative de l'infection à Chlamydia trachomatis
selon des études canadiennes
| Étude | Ville | Échantillon | Taux de prévalence, % |
| Hughes et coll.10 | Ottawa | Adolescents n'ayant pas une vie sexuelle active
Adolescents ayant une vie sexuelle active |
0
15 |
| Bowie et coll.11 | Vancouver | Étudiants de niveau collégial | 7-25 |
| Massé et coll.12 | Montréal | Femmes fréquentant une clinique communautaire locale | 7 |
| Sellors et coll.13 | Hamilton (Ont.) | Femmes fréquentant une clinique de planification familiale | 7 |
| Levallois et coll.14 | Ville de Québec | Femmes fréquentant une clinique d'avortement | 11 |
Tableau
2 : Résultats d'études sur l'infection à C. trachomatis
et sa relation à l'infertilité
| Étude | Ville | Groupe étudié | Taux de prévalence (%) de l'infection à C. trachomatis | Odds ratio (OR) ou risque relatif (RR) |
| Conway et coll.31 | Bristol, Angleterre | Femmes infertiles ayant des lésions aux
trompes de Fallope
Femmes infertiles dont les trompes de Fallope sont normales |
75
31 |
OR = 12,2 |
| Gump et coll.32 | Burlingon, Vermont | Femmes infertiles ayant des antécédents
de syndrome inflammatoire pelvien (SIP)
Femmes infertiles n'ayant aucun antécédent de SIP |
64
28 |
OR = 4,5* |
| Swensson et coll.33 | Lund, Suède | Femmes infertiles un an après avoir souffert
d'un SIP
Témoins appariés |
23
6,7 |
OR = 4,8 |
| Thejls et coll.34 | Uppsala, Suède | Femmes infertiles ayant des antécédents
de SIP
Femmes infertiles n'ayant aucun antécédent de SIP |
60
16 |
RR = 3,8* |
| Rowland et coll.35 | Cambridge, Angleterre | Femmes infertiles présentant des lésions
tubaires
Femmes infertiles n'ayant aucune lésion tubaire |
54
21 |
OR = 3,6 |
| Lunenfeld et coll.36 | Beer Sheva, Israël | Femmes infertiles présentant des lésions
tubaires
Femmes infertiles n'ayant aucune lésion tubaire |
73
50 |
OR = 2,9 |
| Kosseim et coll.37 | Winnipeg | Femmes infertiles
Femmes fertiles |
72
22 |
OR = 4,4 |
| Osser et coll.38 | Malmo, Suède | Femmes infertiles présentant des lésions
tubaires
Femmes enceintes appariées |
86
40 |
OR = 10,6 |
| Kane et coll.39 | Londres, Angleterre | Femmes infertiles présentant des lésions
tubaires
Femmes infertiles n'ayant aucune lésion tubaire Femmes fertiles |
36
12 11 |
OR = 4,5
OR = 1,1 OR = 1,0 |
| Henry-Suchet et coll.40 | Paris, France | Femmes infertiles présentant des lésions
tubaires
Femmes infertiles n'ayant aucune lésion tubaire |
67
36 |
OR = 3,7 |
| Fedele et coll.41 | Milan, Italie | Femmes infertiles
Femmes fertiles |
37
22 |
NS |
| *p < 0,001.
p < 0,02. NS = non significatif. |
||||
Le degré de sensibilité des cultures effectuées à partir d'un prélèvement endocervical varie de 75 à 90 %, et le degré de spécificité est de 100 %, mais il faut de deux à trois jours avant d'obtenir les résultats d'analyse.71 Il est préférable d'utiliser des écouvillons en coton à tige d'aluminium et des écouvillons en rayonne à tige de plastique plutôt que des écouvillons en coton ou à l'alginate de calcium montés sur une tige en bois pour obtenir une meilleure culture.72,73 Cette méthode de détection de C. trachomatis est cependant coûteuse, prend du temps et nécessite des connaissances techniques qui font souvent défaut dans les laboratoires cliniques. Les épreuves cytologiques réalisées à l'aide de la coloration de Giemsa ou d'autres méthodes sont très sensibles (de 95 % à 100 %) pour détecter la conjonctivite, mais sont peu sensibles pour le diagnostic des infections génitales.74 L'immunofluorescence directe (IFD) utilisant des anticorps monoclonaux marqués à la fluorescéine et les dosages immuno-enzymatiques (ELISA) sont les épreuves sans culture les plus couramment utilisées en pratique clinique pour le diagnostic des infections du col de l'utérus.75-99 L'IFD prend de 15 minutes à une heure alors que l'ELISA requiert de trois à cinq heures. Ces méthodes ne sont pas recommandées pour l'analyse de prélèvements effectués au niveau de la gorge ou du rectum chez des enfants victimes d'abus sexuels parce qu'il se peut se produire une réaction croisée entre C. trachomatis et la flore bactérienne, ce qui donnerait des résultats faussement positifs. La sensibilité de l'IFD varie entre 70 et 100 % et sa spécificité entre 85 et 98 %, comparativement à la culture de prélèvements cervicaux ou urétraux chez les femmes.76,79,100 L'ELISA a un degré de sensibilité de 67 à 98 % pour les infections cervicales, et sa spécificité peut passer de 85 % à près de 100 % si l'on effectue des tests de confirmation utilisant des antigènes bloquants.101 L'amplification par la polymérase (PCR) de prélèvements cervicaux chez la femme a un degré de sensibilité de l'ordre de 95 à 100 % et un degré de spécificité de près de 100 %. Cette méthode est de plus en plus utilisée par suite de la mise en marché de trousses commerciales.102-115 Les sondes d'acide nucléique ont une sensibilité d'environ 95 % et une spécificité de l'ordre de 98 à 100 % comparativement aux cultures. Il faut entre deux et quatre heures pour obtenir les résultats et, tout comme l'ELISA, ces sondes peuvent être utilisées pour un grand nombre d'échantillons, mais leur coût élevé limite actuellement leur utilisation.116-120 Dernièrement, les chercheurs ont démontré que l'épreuve de ligation répétitive d'oligonucléotides (LCR) était hautement efficace pour la détection de C. trachomatis dans l'urine des femmes qui présentaient ou non des signes d'infection, sa sensibilité s'établissant à 93,8 % et sa spécificité à 99,9 % comparativement aux critères de référence élargis fondés sur des pairs ayant obtenu un résultat positif à la culture et sur un échantillon discordant de personnes ayant subi une épreuve d'IFDet une autre épreuve de LCR.120
La culture, l'analyse par IFD ou ELISA de prélèvements urétraux ont été les méthodes privilégiées dans le passé pour le diagnostic de C. trachomatis chez les hommes.93,121 De nouvelles techniques comme la LCR et la PCR réalisées sur les urines de la première miction sont presque aussi efficaces que l'écouvillonnage urétral.112,122,123 Ces épreuves ont une sensibilité qui varie entre 95 et 100 % et une spécificité de 100 % lorsqu'elles sont effectuées sur les urines de la première miction chez les hommes. Ces options non invasives à la culture pour le dépistage des infections à chlamydia deviendront peut-être plus répandues avec l'arrivée sur le marché de trousses commerciales.
Tableau
3 : Résultats d'étude sur l'infection à C. trachomatis
et sa relation aux grossesses ectopiques (GE)*
| Étude | Ville | Groupe étudié | Taux de prévalence (%) de l'infection à C. trachomatis | OR ou RR |
| Svensson et coll.43 | Lund, Suède | Femmes ayant une GE
Femmes souffrant de cervicite aiguë Femmes ayant subi une césarienne |
65
69 21 |
OR = 7,1
OR = 18,6 OR = 1 |
| Hartfort et coll44 | Los Angeles | Femmes ayant une GE et une lésion tubaire
controlatérale
Femmes ayant une GE mais aucune lésion tubaire controlatérale |
50
0 |
RR indéterminé |
| Brunham et coll.45 | Winnipeg | Femmes ayant une GE
Femmes ayant une grossesse normale |
56
22 |
OR = 4,3 |
| Walters et coll.46 | San Antonio, Texas | Femmes ayant une GE
Femmes ayant une grossesse normale |
82
58 |
OR = 2,9 |
| Miettinen et coll.47 | Tampere, Finlande | Femmes infertiles ayant des antécédents
de GE
Femmes infertiles ayant des trompes de Fallope normales |
40
7 |
RR = 5,7 |
| Robertson et coll.48 | Southampton, Angleterre | Femmes ayant une GE
Femmes ayant une grossesse normale |
76
38 |
OR = 4,13 |
| Chaim et coll.49 | Beer Sheva, Israël | Femmes ayant une GE
Femmes saines |
32
8 |
OR = 4,9 |
| * Déterminé par dosage sérologique des anticorps dirigés contre C. trachomatis | ||||
Dans le passé, on a recommandé l'administration d'érythromycine (500 mg par voie orale quatre fois par jour pendant sept jours) dans le cas des femmes enceintes et lorsque la tétracycline était contre-indiquée1,5,124. L'érythromycine assure la guérison chez 90 % ou plus des patients qui la tolèrent129. Le principal inconvénient associé à l'administration de doses de 2 grammes est le taux élevé d'effets secondaires au niveau du tractus gastro-intestinal. Récemment, trois essais randomisés à double insu130-132 ont démontré que l'amoxicilline (500 mg par voie orale trois fois par jour pendant sept jours) est aussi efficace que l'érythromycine et qu'un moins grand nombre de patients recevant de l'amoxicilline ont abandonné le traitement en raison des effets secondaires.
Récemment, l'introduction de l'azithromycine a permis le recours à un traitement à dose unique comme option au traitement classique. Des études prospectives133-140 ont montré qu'une seule dose d'un gramme (1 g) d'azythromycine administrée par voie orale était tout aussi efficace que la doxycycline (100 mg deux fois par jour pendant sept jours) pour éradiquer les infections urogénitales non compliquées à C. trachomatis chez les hommes comme chez les femmes. Les effets secondaires, qui se manifestaient surtout au niveau du tractus gastro-intestinal, étaient bénins et aussi fréquents dans les deux groupes de traitement. L'ofloxacine (300 mg deux fois par jour pendant sept jours) est également efficace pour le traitement des infections non compliquées chez les femmes qui ne sont pas enceintes141-158. Le lecteur trouvera au tableau 4 des estimations de l'efficacité des traitements disponibles contre les infections génitales à chlamydia de même que les coûts afférents à ces traitements. Une récente analyse coûts-efficacité dans laquelle on comparaît l'érythromicine, la tétracycline, la doxycycline, l'ofloxacine et l'azithromycine pour le traitement des cervicites non compliquées à chlamydia en utilisant les coûts actuels de ces médicaments aux États-Unis a conclu que la doxycycline et la tétracycline sont les médicaments qui offrent le meilleur rapport coût-efficacité153. Il reste cependant que si son coût était moins élevé, l'azythromycine constituerait le meilleur choix dans les cas où l'observance du traitement médicamenteux pose problème.
Tableau
4 : Traitement médicamenteux des infections à C. trachomatis,
efficacité et coût
| Traitement médicamenteux et posologie |
|
|
| Tétracycline (500 mg, 4 fois/jour, 7 jours) |
|
|
| Érythromycine (500 mg, 4 fois/jour, 7 jours)125,153,159-162 |
|
|
| Doxycycline (100 mg, 2 fois/jour, 7 jours)129-132,153,156,163-170 |
|
|
| Azithromycine (1 gramme, dose unique)126,127,137,139-141,143,145-150,153,171-173 |
|
|
| Ofloxacine (300 mg, 2 fois/jour, 7 jours)141,143-158,165,175-177 |
|
|
| Amoxicilline (500 mg, 3 fois/jour, 7 jours, recommandé uniquement pour les femmes enceintes)130-132,157,173,178-180 |
|
|
| *Selon les coûts en vigueur dans la région de Calgary en janvier 1996 et les honoraires moyens des pharmaciens dans deux pharmacies de la région. | ||
La troisième étude195 a fourni des données peu probantes sur les effets positifs du dépistage. Au cours du troisième trimestre de la grossesse, des cultures ont été effectuées pour la recherche de C. Trachomatis chez 1 082 femmes. Quatre-vingt-cinq patientes (7,8 %) ont obtenu des résultats positifs, et un traitement à l'érythromycine (500 mg, deux fois par jour pendant 10 jours) a été prescrit à 38 d'entre elles. On n'a relevé aucune complication chez les femmes traitées alors que 5 des 47 femmes non traitées ont présenté des complications (endométrite, fièvre puerpérale, nourrisson atteint de chorioamniotite et retard de croissance du nourrisson). Seuls 37 (41 %) des bébés de l'échantillon original ont pu être suivis.
Dans toutes ces études favorables, le principal avantage du dépistage peut avoir été attribuable à d'autres effets de l'érythromycine et non pas nécessairement à l'éradication de l'infection à chlamydia. Il a été établi que l'érythromycine administrée au cours du troisième trimestre de la grossesse chez les femmes atteintes d'une infection à Ureaplasma urealyticum et à Mycoplasma hominis a également contribué à réduire l'incidence de l'hypotrophie et à accroître les poids moyens à la naissance194.
Dans une quatrième étude193 de moindre qualité, on n'a décelé aucune différence dans le taux de pneumonie et de conjonctivite néonatale chez les femmes traitées et non traitées appartenant à une population où la prévalence de l'infection était élevée (26 %) qui avaient subi un test de dépistage de C. trachomatis. Cette étude était limitée en raison de la petite taille de l'échantillon (199 femmes) et de la présence possible d'autres facteurs de confusion chez les femmes non traitées. Une cinquième étude prospective de cohorte163 a porté sur 184 femmes enceintes qui ont subi un test de dépistage par culture lors de leur première consultation prénatale et traitée à l'érythromycine à la 36e semaine de la grossesse si le résultat était positif. Soixante-dix-sept femmes (42 %) n'ont pu être suivies, et seulement 83 nourrissons ont pu être suivis pendant toute la période. Si l'on prend l'infection à chlamydia comme point de référence, deux nourrissons traités ont souffert de pneumonie et un a présenté une conjonctivite (3/59 ou taux global de complication de 5 %), comparativement aux nourrissons de quatre femmes non traitées atteints de pneumonie et de conjonctivite (pour un taux global de complication de 21 %).
Trois études de cohorte191,192,195 ont donc fourni
des données acceptables (niveau II) attestant que le dépistage
et l'intervention contribuaient à améliorer l'issue de certaines
complications périnatales. Les deux dernières études
restreintes163,191 ont donné des résultats contradictoires
en ce qui concerne l'utilité du dépistage. La fréquence
optimale du dépistage chez les femmes enceintes afin de prévenir
les complications n'a pas été établie.
Au Canada, Estany et ses collaborateurs196 ont calculé que le dépistage au moyen de l'IFD ou de l'ELISA chez les femmes serait rentable si la prévalence de l'infection à chlamydia détectée par chacune des méthodes dépassait 6 et 7 % respectivement. On a estimé le coût moyen de l'IFD ou de l'ELISA à 11 $. L'analyse de sensibilité a révélé que les deux principaux facteurs d'économie étaient la probabilité de souffrir d'un syndrome inflammatoire pelvien (SIP) et le coût du test. Sellors et ses collaborateurs13 ont établi récemment que le dépistage sélectif à l'aide de l'ELISA chez les jeunes femmes actives sexuellement constitue une stratégie efficace et efficiente de détection de l'infection à chlamydia. Leur modèle était fondé sur un coût moyen de 8,66 $ pour une culture et de 9,33 $ pour l'ELISA. Nettleman et ses collègues185 ont estimé qu'il serait rentable de soumettre toutes les femmes enceintes à un test par IFD si ce dernier coûtait moins de 6,30 $ (US) ou si la prévalence de l'infection dépassait 6 %.
Le récent guide200 publié en 1996 par le US Preventive Services Task Force recommande également le dépistage de routine auprès des patients asymptomatiques, mais seules les femmes enceintes âgées de moins de 25 ans sont à risque élevé d'infection (l'intervalle de dépistage n'est pas précisé). Le Comité consultatif interdisciplinaire d'experts en matière de maladies transmises sexuellement chez les enfants et les jeunes201 a recommandé un dépistage plus large, mais nombre de ses recommandations concernant le dépistage avaient trait à la détection de MTS autres que l'infection à chlamydia. Ce comité a recommandé le dépistage auprès des contacts sexuels de personnes qui étaient ou qu'on soupçonnait d'être porteuses d'une urétrite ou de MTS, d'adultes à haut risque choisis, d'adolescentes enceintes, de prostitués de sexe masculin ou féminin, de jeunes de la rue, d'utilisateurs de drogues injectables, de jeunes femmes subissant des avortements thérapeutiques, de patients ayant des antécédents de MTS, d'enfants ayant subi des abus sexuels et leurs frères et soeurs, et de nouveau-nés si l'un ou les deux parents étaient atteints d'urétrite, de cervicite, de SIP, d'épidédymite ou de MTS.
Les US Centres for Disease Control and Prevention d'Atlanta ont récemment recommandé le dépistage auprès des femmes présentant une cervicite mucopurulente, des femmes ayant une vie sexuelle active qui sont âgées de moins de 20 ans et des femmes de 20 à 24 ans qui n'utilisent pas systématiquement une méthode de contraception de barrière ou qui ont eu un nouveau partenaire sexuel ou plus d'un partenaire au cours des trois derniers mois.124
Tableau
5 : Tableau récapitulatif des interventions, de l'efficacité,
de la qualité des preuves et des recommandations relatives au dépistage
de l'infection à chlamydia
| Intervention | Efficacité | Qualité des preuves | Recommandation |
| Dépistage de l'infection à chlamydia à l'aide des méthodes suivantes : culture ou amplification par la polymérase (PCR) pour tous les sites de prélèvement, immunofluorescence directe (IFD) pour le prélèvement génito-urinaire, rectal, rhino-pharyngée et conjonctival; dosage immunoenzymatique (ELISA) pour les prélèvements génito-urinaires ou conjonctivaux; ou sonde d'ADN pour les sites génito-urinaires. | Femmes enceintes
Le traitement à l'érythromycine des femmes positives contribue à améliorer l'état du bébé durant la période périnatale et post-natale. Groupes à haut risque* Les tests de dépistage existants sont exacts et fiables.
|
Études de cohortes163,190-192,194 (II-2)
Études de cohortes de l'IFD,76,79,100 ELISA197 et PCR112,123,196(II-2)
|
Données acceptables justifiant le dépistage auprès des femmes enceintes durant leur première visite prénatale et traitement subséquent (B)
Données acceptables justifiant le dépistage annuel dans le cas des groupes à haut risque (B) Données acceptables justifiant le dépistage annuel dans le cas des groupes à haut risque (B) |
| Traitement subséquent avec les médicaments suivants : érythromycine ou amoxicilline chez les femmes enceintes, ou tétracycline, azithromycine ou ofloxacine pour les femmes non enceintes et les hommes. | Le traitement permet d'éliminer l'infection
à chlamydia. Une étude190 montre que le
dépistage permet de réduire les complications.
Grand public Les tests de dépistage existants sont exacts et fiables mais ont une piètre valeur prédictive et coûtent trop cher lorsque le nombre de cas est faible. Aucune étude n'a montré que le dépistage et la détection précoce sont associés à une réduction des complications. |
Essais comparatifs randomisés129,131,136,138,145
(I)
|
|
Nous remercions les personnes suivantes pour leurs commentaires utiles sur le rapport technique. Les Drs Robert C. Brunham, professeur et directeur, Département de microbiologie médicale, Université du Manitoba, Winnipeg (Manitoba), John W. Sellors, professeur en médecine clinique, Département de médecine familiale et d'épidémiologie clinique et de biostatistique, Université McMaster, Hamilton (Ontario), et Dr R. Gully, ancien chef de la Division de la lutte contre les maladies transmises sexuellement, chef actuel, Division des pathogènes à diffusion hématogène, Direction générale de la protection de la santé, Santé Canada, Ottawa (Ontario).
Ces lignes directrices ont été élaborées
et approuvées par le Groupe d'étude canadien sur l'examen
médical périodique, qui est financé par la Direction
générale des services et de la promotion de la santé,
Santé Canada et par le Programme national de recherche et de développement
en matière de santé (subvention de recherche nos
6605-2702-57X et 6603-1375-57X). Le Dr Davies a reçu
une aide financière du ministère de la Santé de l'Ontario
et de la Société canadienne des maladies infectieuses, bourse
de recherche Lilly.
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Ce document est une traduction directe du guide de pratique clinique
publié au Journal
de l'Association médicale canadienne, (154, 1631-1644), ©
1996, Association médicale canadienne. Traduite par le service
de traduction de Santé Canada, 1996.